ARGUMENT
Dans cette œuvre qui nous est parvenue incomplète et dans un certain désordre, Aristote développe sa théorie de l'Etat, pour lui, la plus haute forme de société. L'auteur étudie d'abord les entités qui le précèdent : le village et la famille. Il distingue les éléments de la famille et les rapports entre mari et femme, père et enfants, maître et esclaves. Il justifie l'esclavage. Vient esuite l'étude de la chrématistique ou art d'acquérir des richesses.
Aristote condamne le commerce et l'usure comme contraires a la nature. Ce naturalisme conduit l'auteur a de graves problèmes de morale et de pédagogie. Il critique violemment la théorie de la République de Platon, selon laquelle il devait y avoir, dans les deux classes supérieures, communauté de biens, de femmes et d'enfants. L'auteur passe a la définition du vrai citoyen qui participe a la justice et a la magistrature et dont la vertu est aussi bien de savoir obéir que de savoir commander.
Aristote définit alors les trois types de constitutions de l'Etat.
La souveraineté ne peut être exercée que par un seul homme, ou par plusieurs, ou par beaucoup. Ainsi, aurons-nous la monarchie, l'aristocratie et la république, auxquelles correspondent, par dégradation, la tyrannie, l'oligarchie et la démocratie. Pour décider laquelle des trois formes non dégénérées est la meilleure, il faut tenir compte des caractères de chaque peuple. La République tempérée, synthèse d'oligarchie et de démocratie est la plus équilibrée, grâce h une classe moyenne.
Les Etats ont trois fonctions : délibérer, administrer, juger.
C'est la distinction moderne des trois pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire). L'Etat, et non l'individu, doit avoir la charge de l'éducation. Celle-ci doit comprendre l'exercice du corps et celui de l'âme par la pratique des arts, surtout de la musique et de la littérature.
Cette grande œuvre demeure d'une portée universelle; |